Un mariage est un événement privé, mais dès qu'on collecte les photos de 80 invités dans un service en ligne, on manipule des données personnelles. Faut-il s'inquiéter du RGPD pour autant ? Réponse nuancée : non dans la plupart des cas, oui dans quelques-uns bien précis.
L'exception domestique du RGPD
Le RGPD (article 2.2.c) exclut explicitement les traitements « effectués par une personne physique dans le cadre d'une activité strictement personnelle ou domestique ». Un carnet d'adresses familial ou un album photo entre amis rentre dans cette exception. Un mariage traditionnel, dans son cercle familial, aussi.
Ce qui peut vous faire sortir de l'exception
- Diffusion publique. Un album rendu accessible au grand public (site web ouvert, réseau social public) sort de la sphère domestique.
- Contexte semi-professionnel.Un séminaire d' entreprise, un événement associatif, une communauté structurée sont des contextes où le RGPD s'applique pleinement.
- Enfants mineurs identifiables.Même en cadre privé, la diffusion de photos d'enfants d'autres familles exige le consentement des parents.
Les 5 bonnes pratiques à suivre, cadre privé ou non
1. Informer les invités
Au moment où vous communiquez le code d'univers, précisez brièvement : « Les photos que vous déposez seront conservées sur le service labo.gallery, accessibles aux mariés et à vous, et supprimées 6 mois après le mariage. » Une phrase sur le faire-part ou le groupe WhatsApp suffit.
2. Limiter la durée de conservation
Conserver des photos indéfiniment « au cas où » n'est pas une bonne politique. Photobooth propose trois rétentions selon la formule (30 jours, 6 mois, illimitée). Choisissez celle qui correspond à votre usage réel.
3. Ne pas exposer la galerie au grand public
Un code d'univers privé, un accès par pseudo + PIN : c'est pour vous assurer que seuls les invités voient les galeries. Ne diffusez jamais le code d'univers sur un réseau social public. Voir comment protéger les photos privées.
4. Respecter les demandes de suppression
Un invité peut vouloir retirer ses photos après coup. Tout service sérieux doit proposer une suppression à la demande, rapide et effective. Sur Photobooth, un invité peut supprimer ses propres photos depuis sa galerie, et l'administrateur peut supprimer un invité ou un univers entier.
5. Gérer les mineurs avec précaution
Pour les mariages où de nombreux enfants sont présents, prévenez les parents et n'hésitez pas à flouter les visages des enfants d'amis avant tout partage élargi (livre photo envoyé aux familles incluses, réseaux sociaux).
Où sont stockées vos photos
Photobooth s'appuie sur Vercel Blob pour le stockage des photos (centre de données UE en Europe, centres de données tiers hors UE soumis aux clauses contractuelles types) et Neon Postgres (AWS eu-central) pour les métadonnées. Les URLs de fichiers ne sont pas devinables et ne sont accessibles qu'aux personnes authentifiées.
Le cas particulier des photos professionnelles
Si un photographe professionnel vous livre ses photos via Photobooth, c'est un transfert contractuel entre lui et vous — les photos restent sa propriété intellectuelle sauf cession explicite. Le RGPD n'est pas l'angle principal ici : c'est le contrat de prestation.
Checklist minimale de conformité
- Informer les invités de la collecte (une phrase claire suffit).
- Fixer une durée de conservation explicite.
- Ne pas rendre la galerie publiquement accessible sans identifiant.
- Permettre aux invités de retirer leurs photos à tout moment.
- Supprimer effectivement les photos à la date annoncée.
En résumé : un mariage privé avec une galerie entre invités reste majoritairement couvert par l'exception domestique, mais appliquer ces 5 bonnes pratiques est un gage de respect pour vos proches, bien au-delà de l'obligation légale.